Traduction : une technique, un art

« Call me Yishmaël. »

Comment traduiriez-vous ces mots ?

Cet incipit est une des plus célèbres introductions de roman. Il est tiré de Moby Dick, de Herman Melville. Ces quelques mots, en apparence simples, ont suscité beaucoup d’interrogations et constitué un véritable casse-tête pour les traducteurs.

Oui, car traduire un texte ne signifie pas seulement interpréter un mot d’une langue à une autre. Bien plus, il s’agit de comprendre le sens et l’essence, saisir l’esprit de l’auteur et la subtilité des termes choisis. Mais est-ce vraiment indispensable ? Nous allons essayer de comprendre dans cet article pourquoi la traduction d’un texte ne peut être confiée à des amateurs, pourquoi elle ne peut être confiée à des automates, et, enfin, pourquoi s’adresser à des professionnels, natifs de la langue de destination.

Une traduction précise : pourquoi est-ce primordial ?

Savez-vous pourquoi le Japon a été frappé par deux bombes atomiques ? À cause d’un mot mal traduit. Le 26 juillet 1945, le président Truman lance un ultimatum aux autorités nipponnes, stipulant que s’ils ne capitulent pas, ils subiront une attaque destructrice. Confrontés à des dissensions internes, les Japonais ne savent que répondre et décident de gagner du temps. Le Premier ministre Suzuki convoque une conférence de presse et utilise le mot «mokusatsu» pour répondre aux Américains. Ce mot signifie «sans commentaire», mais il a également un autre sens : « ignorer avec mépris », et c’est cette seconde acception que les médias vont relayer comme réponse du Japon à l’ultimatum américain. Selon une note déclassifiée de la NSA (Mokusatsu, One Word, Two Lessons), les Américains vont voir dans cette réplique une preuve du ‘fanatisme et de l’esprit kamikaze’ de leurs ennemis. Quelques jours plus tard, deux bombes nucléaires frappent Hiroshima et Nagasaki. Néanmoins, des années plus tard, Suzuki confirmera que le sens exact de ses paroles était : « Nous ne faisons aucun commentaire ».

Réfléchissez : si un seul mot a causé une catastrophe nucléaire, imaginez les dégâts que peuvent causer un texte mal traduit ! Le malentendu suscité par une traduction discutable altère les relations humaines et affecte l’efficience commerciale. On ne confie pas la traduction d’un document à un amateur. Seul un traducteur professionnel pourra garantir un travail de qualité et la retranscription la plus juste de votre texte.

Mais, qu’en est-il des services de traduction automatique? Sont-ils aussi efficaces que les traducteurs professionnels ?

Ne pas se fier aux traductions automatiques

Pourquoi la tentation d’utiliser une traduction automatique gratuite est-elle forte ? Dans un monde multi-connecté et interdépendant, traduire des documents en diverses langues est devenu une nécessité. C’est d’autant plus capital pour les entreprises ayant une vocation internationale et une présence sur le web. Proposer un site en plusieurs langues est non seulement un gage de crédibilité, mais un avantage commercial. La commission européenne a en effet publié un rapport établissant que 4 internautes sur 5 hésitent à commander un produit en ligne lorsque les informations ne sont pas disponibles dans leur langue maternelle. De fait, nombre d’entreprises prennent acte de la nécessité de la traduction, mais beaucoup recherchent préalablement des solutions gratuites. Alors, qu’en est-il? Peut-on se fier à ces traductions automatiques?

Le caractère polysémique de nombreux mots est en lui-même rédhibitoire. Beaucoup de vocables comportent une multiplicité de sens et le sens idoine est déterminé en fonction du contexte de la phrase et des motivations de l’auteur. Or, à ce jour, aucun logiciel au monde n’est capable de faire cette distinction. Une traduction automatique est toujours approximative et avec une phraséologie souvent saccadée. Seul un traducteur professionnel, natif de la langue d’arrivée, est à même de discerner l’acception à écarter et l’acception à retenir. Si vous avez réalisé un premier jet grâce à un logiciel, il demeure indispensable de faire réviser votre texte par un traducteur professionnel avant de le diffuser.

Par ailleurs, des tests ont confirmé le caractère futile de ces traductions. L’article « Les traducteurs automatiques inférieurs aux humains » (publié le 2 novembre 2012) rapporte les résultats d’un test réalisé sur 6 moteurs de traduction automatique, tels que Google Translator, Reverso, Bing et Power Translator. Un même texte avait été soumis à ces logiciels et les résultats ont révélé des scores qualités allant de 63% à 76%. Pour vous donner un ordre d’idées, le meilleur résultat obtenu, soit le score de 76%, signifie qu’un texte de 100 mots comporte 50 erreurs de traduction ! En règle générale, la traduction professionnelle considère que le score qualité d’une traduction acceptable ne peut être inférieur à 95%. À titre d’exemple, Microsoft rejette toute traduction dont le score qualité est inférieur à 99%.

Le diagnostic est donc sans appel : les traducteurs automatiques sont incapables de produire un texte publiable. Seul un traducteur professionnel pourra garantir un travail de qualité et la retranscription la plus juste de votre écrit. Parlons-en.

Des traducteurs natifs et locaux

Traduire, c’est d’abord comprendre, non seulement le texte original, mais également l’esprit de ce texte. Si le traducteur ne le fait pas, son texte sera vidé de toute l’essence, de toute la subtilité de l’écrit original. C’est une technique, car la traducteur doit maîtriser les codes de la traduction, en particulier de la version (traduction vers sa langue d’origine), puisque c’est clairement ce que nous préconisons.
Mais c’est bien plus qu’une technique : c’est un art. Car traduire un texte ce n’est pas seulement traduire un mot, c’est également traduire l’intention qui se cache derrière ce mot. Réfléchissez à ceci : êtes-vous seul ? Non, jamais. Où que vous soyez, où que vous alliez, il existe une chose qui vous accompagne en permanence : votre ombre. Il en est ainsi des mots. Chaque mot est accompagné par une idée, une intention, un sens caché, bref, une ombre, et un véritable traducteur ne peut ni les dissocier ni les opposer. Il doit les harmoniser. Il doit voir au-delà du mot afin de retranscrire l’esprit qu’il porte en lui.

De fait, tous les professionnels de la traduction font la même recommandation : il est de loin préférable de confier un texte à un traducteur de langue maternelle. Si vous souhaitez faire traduire un document en russe, il est avisé de le confier à un traducteur d’origine russe. Le traducteur natif maîtrise les subtilités de sa langue maternelle, mais également les codes culturels et
traditionnels. Compte tenu des risques de malentendus et de vexations, l’approximation est à proscrire. Il s’agit aussi de respecter les règles typographiques, en veillant à l’absence de coquilles.

Si la langue cible est la langue maternelle de votre traducteur, il pourra orienter la composition du texte en fonction des expressions et des idiomes locaux, plutôt que de la parsemer de locutions trouvées dans un dictionnaire. Il faut être Français pour savoir qu’à Lyon on va traduire « plastic bag » par « sac », mais qu’à Toulouse on dira plutôt « poche ». Il faut être Algérien pour savoir qu’à Alger on traduit « regarde » par « chouf », mais qu’à Sétif on préférera « deneg ». Il faut être Chinois pour savoir que pour remercier quelqu’un à Beijing il faut dire « xie xie », mais que si vous vous adressez à un habitant de Taishan il faudra traduire ce mot par « u de ». Parce qu’en littérature un mot possède une « dénotation », un sens premier, et une « connotation », c’est-à-dire, son utilisation locale ou régionale. Donc, privilégiez toujours un traducteur natif afin d’éviter toute déconvenue.

Parlez la langue du cœur et vendez !

Voulez-vous développer votre société à l’international ? Voulez-vous augmenter vos ventes? Alors apprenez ceci : vous devez parler à votre clientèle dans sa langue d’origine, car la langue d’origine c’est la langue du cœur. C’est de cette façon que vous allez les toucher. Savez-vous quel est le livre le plus traduit au monde ? C’est la Bible. Ce livre est actuellement traduit en 2 264 langues, et donc accessible à 98% de la planète. Mais il y a dans ce livre un passage instructif : Actes 22 : 1, 2. Saint Paul est face à une foule de langue hellénique et le texte dit ceci :

« Frères et pères, écoutez donc la défense que je présente devant vous. »
Le calme s’accrut encore quand ils entendirent que Paul s’adressait à eux en langue hébraïque.

Les gens de cette communauté parlaient le grec koinè, tout comme l’apôtre Paul. Mais comme ils étaient d’origine hébraïque, l’apôtre a fait le choix de leur parler, non en grec, mais en hébreu. Le résultat, selon le texte, c’est que la foule a redoublé d’attention. Parler à quelqu’un dans sa langue d’origine a plus d’impact que de lui parler dans sa langue d’acquisition. La langue d’origine, c’est la langue du cœur. Pourquoi ce concept de « langue du cœur » est-il important pour votre entreprise ? Parce qu’il y a deux raisons pour laquelle on fait un achat: on achète par nécessité et on achète suite à un « coup de cœur ». Si vous voulez provoquer des «coups de cœur» pour vos produits, vous devez parler aux clients potentiels dans la langue de leur cœur, et,
pour cela, il est indispensable de solliciter un traducteur professionnel et natif. N’hésitez pas à faire appel à nous pour tous vos projets de traduction. EMKA Traduction est un pôle de traduction reconnu pour sa compétence et son efficacité. Nous étudierons vos besoins et mettrons à votre disposition un traducteur natif et spécialisé dans votre domaine de compétence.

Au fait, comment avez-vous traduit « Call me Ishmaël » ? Eh bien nous, nous le traduisons : « Je m’appelle Ismaël. Mettons. » C’est-à-dire : « Mettons que je m’appelle Ismaël… » ou « Disons que je m’appelle Ismaël… Mais, en vérité, je ne m’appelle peut-être pas Ismaël. »

De la technique et de l’art ! Alors, contactez-nous !